Réalisation d’un micro « single coil » de type Jazz Bass

par Christophe Samzun

 

 

Pour les aimants, j'ai utilisé les modèles Alnico 5 de longueur 0.710" soit 18mm environ. Les flancs de bobines sont réalisés en plaque verre-époxy de 1,5 mm d'épaisseur

 

La longueur des aimants et l'épaisseur des flancs autorisent une fois le montage de la bobine effectué une hauteur de bobine un peu plus élevée que la hauteur standard.  L'objectif est d'avoir une valeur de résistance plus importante que la valeur standard de 8kOhm, ce qui doit donner plus de niveau de sortie, mais sans excès non plus, ce qui aurait pour effet de trop couper les aigus et donner un son boueux. Par ailleurs, d'après Stewmac, les aimants Alnico V autorisent une bonne définition du son ce qui les rend particulièrement adaptés pour le micro grave.
La première étape est la réalisation des flancs de bobines. Rien de particulier à signaler sauf que j'ai trouvé pratique de les contre-percer à l'aide des bobines des micros d'origine en guise de canon de perçage pour que les trous soient parfaitement en ligne avec ceux du capot. De petits trous de 1mm sont percés par endroit afin de faciliter l'évacuation d'air lors de l'opération d'imprégnation de la bobine à la paraffine.

Afin de donner un look plus proche de l'origine, les flancs en verre-époxy sont peints en noir mat et sont ensuite collés à la super glue sur les aimants en maintenant l'écartement à l'aide de 2 petites cales en bois tenues par un élastique.

Il est à présent possible de passer à la phase du bobinage proprement dit.

J'utilise pour cela un petit tour d'usinage. En fonction du type de bobine à réaliser, je fais une pièce d'adaptation en bois qui sert à fixer le micro sur le plateau du tour. N'ayant qu'un sens de rotation sur mon appareil, le micro est fixé sur le plateau en fonction du sens de bobinage désiré : ici le dessus est côté broche afin d'obtenir un sens anti-horaire vu du dessus ce qui est la configuration standard du micro grave sur une jazz bass.

La bobine de fil émaillé est fixée assez loin de manière à ce que le fil se déroule le plus librement possible.

Un guide fil est fixé sur le porte outil, ce qui permet un réglage précis afin d'éviter les "surpattages" et autres désagréments lorsque l'on bobine à grande vitesse.

La vitesse du tour est de plus contrôlée par un variateur afin de monter la vitesse progressivement pour limiter les casses de fil.  Au début du bobinage, quelques tours sont effectués en entrainant la broche du tour à la main.

Dans la mesure où l'on ne cherche pas à produire des micros en série dont les caractéristiques doivent rester maîtrisées et constantes, on peut très bien se passer de dispositif de comptage des tours et bobiner "à l'œil". Pour le micro en question, le fil utilisé est du 42 AWG (0,063mm) et j'ai essayé de bobiner le plus de fil possible sans que la bobine "déborde" des flancs.

Lorsque que l'on bobine en réglant à la main la répartition du fil ainsi que sa tension entre le pouce et l'index, la bobine a de grandes chances d'être plus grosse qu'une bobine réalisée à la machine et comportant le même nombre de tours de fil. Mais avec de la pratique, on arrive à maintenir une tension plus constante et à obtenir  un meilleur taux de remplissage.

La connexion du fil émaillé aux fils de raccordement du micro peut être effectuée à l’intérieur de petits œillets sertis dans les perçages des flancs de bobine. Ce genre d'œillet est disponible chez Stewmac.

Pour ma part, j'ai utilisé de petites pastilles de cuivre autocollant, percées en leur centre.

Après soudure des entrées et sorties de la bobine aux fils de connexions la résistance de l'enroulement est mesurée à 9 kOhm : l'objectif est atteint.

De façon à limiter au maximum l’effet « microphonique », la bobine est imprégnée de paraffine. Ceci a pour fonction de coller les fils les uns aux autres et de ne pas rendre sensible le micro aux vibrations et autres chocs sur la caisse. Là encore et même encore à présent, certains micros ne sont pas imprégnés, ce qui vise à reproduire un certain son "vintage" car cette pratique n'était pas systématique dans les années 50 ou 60. En fonction du type de sonorité recherchée, on peut effectuer ou pas le potting.
L'imprégnation peut se faire avec de la paraffine pure ou avec un mélange 20% cire d'abeille, 80% paraffine

Le mélange paraffine et cire est fondu au bain marie dans une boite de conserve (ici j’ai trouvé une taille parfaite pour un micro type jazz bass).
Le micro est laissé dans le potting bien liquide jusqu’à ce que plus une bulle d’air ne s’échappe des évents pratiqués dans les flancs de bobine. Par sécurité, laisser imprégner un bon ¼ d’heure.

La dernière opération est la polarisation des aimants. Pour cela, il faut un ou plusieurs aimants de façon à obtenir une force magnétique suffisante pour bien saturer les pôles cylindriques qui, je le rappelle, sont livrés non aimantés en général.  Sur la photo, j’ai placé 2 aimants : sur le dessus et un dessous les pôles, orientés de façon à obtenir la polarisation « north up » du micro grave.
Le bobinage est protégé par 2 tours d’adhésif toilé disponible également chez Stewmac.

Voilà ce que cela donne une fois monté ! Bonne réalisations !

mise en ligne: 01/2013

 

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