Laurent De Miollis, luthier  amateur  à Paris

 

1

2

3 4 5

 

Selmer Replica numéro 807

Je ne vous parlerai pas de l’histoire de Selmer, d’autres ont fait cela beaucoup mieux que moi, je voudrais simplement revenir sur les différentes étapes de la fabrication de cette « Replica ».

 

Le choix des bois : Manche _ Noyer, stocké depuis 1985.
Fond et Eclisses : Erable moucheté, stocké depuis 1982. Au départ, je destinais ce bois pour une guitare classique, mais, le projet n’ayant pas bougé depuis des années, j’ai décidé d’utiliser ce bois pour ma Selmer Replica. Je possédais une pièce de bois suffisamment volumineuse pour pouvoir faire trois demi-fond, et un manche. Le manche est réservé à la future Torres Replica.
Ne pouvant débiter les éclisses dans mon morceau, j’ai, avec l’aide de Kauffer Bois, trouvé dans son stock des éclisses appairées. Kauffer à préparé mes fonds à l’épaisseur de 3 mm, ce qui me permettait donc de réaliser la guitare. Le demi-fond supplémentaire servira au placage de tête, et autres essais.
La table est en Engelmann Spruce Cat AA, je ne vous dirai pas d’où elle vient, car j’ai du batailler trois semaines pour que ce fournisseur consente à faire le colis, même si la table a été surclassée de A en AA, la qualité de service n’est pas présente, donc on oublie.
Par ailleurs, la table, en définitive avait quelques défauts non vus par le fournisseur, qui ne justifiaient absolument pas son classement en AA… dommage.

Le plan : Charles, le Luthier spécialisé en Selmer. Pas de soucis, si ce n’est une erreur, sans doute d’impression au niveau du manche, donc, attention, prendre les côtes de frettage et les reporter, ne pas se fier aux mesures relevées sur le plan.
Un Truss-rod sera rajouté, soyons moderne.

Dernière précision, je n’utilise aucune machine, je travaille « à l’ancienne », non pas par dogme mais simplement que les machines attirent plus de problèmes (d’accidents sur le bois) que le travail à la main, et si c’est pour faire du "chinois", alors autant acheter tout fait sur internet. Sachons conserver la tradition de l’Artisanat Français.
Je suis un peu déprimé de voir toutes ces fabrications d’instruments, à la défonceuse… par contre quand il s’agit d’affuter ou d’utiliser un rabot, plus personne. Mais bon, chacun fait ce qu’il veut.

Les travaux commencent donc par la fabrication du moule.
Epaisseur de CP, découpe, équerrage des faces intérieures à la râpe, puis finition au papier de verre, La pente de raccord manche/éclisse sera incluse dans le moule (mais cela a créé un souci, nous y reviendrons un peu plus tard)

Une fois le moule fabriqué, j’ai débité les éléments du manche dans le noyer, le montage tête /manche est réalisé conformément à l’originale, avec tenon et mortaise. Vérification de l’angle, collage, découpe de la tête, ouverture pour les mécaniques, placage de la tête (là, ce sera le même érable que le fond), fabrication du logo, début de mise en forme du manche et un peu de vernis pour isoler.

  

  

Je reviens sur la jonction manche /éclisses, j’ai formé le talon avant l’assemblage de la caisse, et je me suis retrouvé avec un décalage de 4 millimètres sur la pente des éclisses, pas de souci technique mais une esthétique déplaisante.
Je recommande de terminer la mise en forme du talon après assemblage de la caisse.
Le moule sera corrigé, car le souci ne vient pas du manche mais de la pente que j’ai donnée à l’assemblage.

Le fond : Mon choix de ne pas fabriquer le fond et les éclisses en Cp est lié simplement au fait que je veux pouvoir ajuster mes fonds, à savoir les faire résonner proprement, harmonieusement et justement.
Cela n’est pas possible avec un fond en CP, par contre, en massif, je peux ajuster les parties basses et aiguës par ajustage des épaisseurs.

Pour procéder à cela, je prépare mon fond, à 3 mm, ensuite je fais le barrage, et une fois tout cela prêt, je procède au « tapping, nous avons donc des zones définies pas le barrage et le joint central, je procède par zone, en débutant par le petit lobe, côté basses, puis petit lobe côté aiguës, etc..
La mise en épaisseur du fond s’effectue par l’extérieur, tout sera remis à niveau au racloir une fois la sonorité recherchée obtenue.
Sur ce dernier point : je vois à mon goût beaucoup trop d’utilisation de papier de verre, je considère que cela remplit le bois, bloque les vibrations, et ne donne pas son éclat au bois, j’utilise donc exclusivement le racloir pour finir mes pièces de table, éclisses et fond.

Les Eclisses : Le pliage n’a pas posé de problèmes particuliers, si ce n’est que je n’ai pas de fer à plier !!! Donc, chauffage tube en cuivre au chalumeau, mouillage, etc.
L’érable moucheté est considéré comme l’un des bois les plus difficiles à ployer, je confirme que c’est la galère, mais bon, tranquillement, on y arrive.

Montage des éclisses dans le moule, pose du fond, installation des contre éclisses et des renforts d’éclisses, finitions (racloir). Vernis de l’intérieur de la guitare (fond et éclisses) ajustage de la hauteur des éclisses selon les côtes du plan, pose des contre-éclisses supérieures.

 

La table est ensuite préparée, mise à l’épaisseur au rabot, racloir, préparation du joint central, là je fais le pli du chevalet, à chaud, je m’oppose au procédé de pliage qui consiste à entamer la table avec une fraise ou un cutter puis de plier. Allons donc! coupons les vibrations de la table. Sacrifions le son pour la facilité.
La table est donc pliée et ensuite, après ajustage du joint, l’assemblage des deux demi-tables est effectué.
Fabrication du barrage selon le plan et les côtes du plan, racloir et assemblage de la table sur le fond.

 

 

Auparavant, la rosace aura été fabriquée, d’abord en érable et ébène, mais j’ai ensuite opté pour une fileterie en Bois de bois violette / ébène et bois de rose. Donc seconde rosace.

Montage de la table sur la caisse, vérification des équerrages et du pliage de la table.

 

Les filets. Du traditionnel si ce n’est que mon choix de bois de violette et de bois de rose a compliqué l’affaire, ca casse comme du verre…. Et cela à été l’horreur, pour un résultat somme toute relativement médiocre.
Une fois ce travail effectué, l’ajustement au racloir des filets, j’ai fait le tenon d’assemblage du manche, au ciseau, ajustement du renversement nécessaire, et collage.

   

 

La touche, en ébène, rien de spécial, les frettes, entre deux je réalise le cordier, en laiton de 0,6 mm d’épaisseur, fabrication des tétons de tenue des cordes, plaquette en ébène, la gravure (bon, là je passe.. je ne suis vraiment pas doué !!)

   

 

Les mécaniques sont des Schallers spéciales manouche, finition or. Les rivets doivent être enlevés, et après re-taraudage, je placerai des vis pour tenir les capots.

Et le vernis peut commencer, ce sera un cellulosique au tampon, brillant, le plus transparent possible. Le fond, les éclisses et le manche sont tout de même préparés avec de l’huile rouge (Huile de vaseline+racine d’orcanette) pour renforcer un peu les valeurs. Toutefois, je regrette un peu, j’aurais préféré qu'il soit plus blanc. Mais bon, c’est fait.
Le vernis commence par un remplissage à l’alcool et à la ponce, plusieurs couches, une semaine de séchage, puis vernis. Une dizaine de couches. Ponçage au 600 à l’huile entre chaque couche, reprise de petites « maquilles «  au pinceau sur les filets, rien de bien extraordinaire.

   

Le chevalet à été fait dans du palissandre (Rio ?) et poli à l’huile et à la ponce.
Voilà, le montage a pu s’effectuer, un grand moment d’émotion, rien à signaler.
En ce moment, le vernis arrive à sa troisième semaine de séchage, rien à signaler, une fois les tests et derniers réglages effectués, dans 2/3 mois, la guitare sera re-démontée et recevra deux couches de vernis de finition (sauf la table).

   

  

 

 

 haut de page

mise en ligne: 02/2013

 

Accueil

Luthiers amateurs:

A B C DE FGH IJK L MN OPQ RST UVW XYZ

Jean Weinfeld

Atelier

Fabrication

Pratique

Théorie

Plans

Restauration

Outillage

Bois

Livres 

Liens

FAQ

Lexique

Le guide

Quatuor

Bouzoukis

Banjos

Ukulélés

Dobros

Epinettes/Dulcimer

Luths/Ouds

Mandolines

Laps Steels

Anciens

Harpes/Lyres

Basses

 

©2000-2016 www.luthier-amateur.org