Laurent De Miollis, luthier  amateur   Paris

 

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Flamenca José Ramirez 1909 plan Crane (Tokyo)

Je possédais ce plan depuis pas mal d’années, je l’avais téléchargé, ainsi que les images de la guitare originale sur le site du luthier Crane, à Tokyo sur cette page : Il autorise le téléchargement du plan, mais malheureusement mes demandes pour reproduire les images originales sont restées sans réponse, aussi, je vous recommande la visite de la page et de visualiser les images.

La guitare appartient à la collection Amelia Ramirez, qui a autorisée la diffusion du plan.

 

  

Venons en à la construction.

Première chose à faire, modifier la Soléra, en effet, le dôme de la table est beaucoup plus important que sur une guitare classique. Mais comme la guitare est de petite taille (diapason 613mm) la modification est compatible avec la Soléra sans avoir besoin d’en refaire une nouvelle.

La table : La rosace a été en fait réalisée il y a bien longtemps, je destinais cette table à une Classique, après vérification des dimensions, sa réutilisation, après modification des épaisseurs n’a pas posé de problème. Seule la rosace qui était à 85 d’ouverture a été modifiée pour être à 80mm cela par l’adjonction de trois filets (noirs/blanc /noirs). Les brins et le barrage sont en épicéa, les renforts de chevalet et de rosace en palissandre.
A noter: le barrage éventail est un barrage trois brins. Ce choix est discuté, en effet certains pensent que le palissandre peut empêcher les vibrations de la table, mais, après réflexion, ce choix s’imposait à moi pour une Flamenca, j’ai l’intime conviction que cela participe au son flamenca, en limitant substain et vibrations. (Les premiers tests de la guitare ne me contredisent pas, à voir dans le temps).
Pour revenir sur la rosace, elle est d’inspiration Torrès et l’ajout d’un filet vert en son centre donne une luminosité exceptionnelle à cette rosace, assymétrique vous l’aurez remarqué. Une crainte toutefois, la largeur de cette rosace ne s’imposerait elle pas de manière inesthétique au projet, à mon sens non, le montage final à montré que mon sentiment était dans le juste, mais je dois toutefois avouer que j’ai du changer le filet interne de table en ébène par un filet vert, afin de rétablir un équilibre visuel. Le résultat est à la hauteur, du moins à mon sens.

Le manche, curieusement celui ci n’est pas en Cedro, ce qui est amusant quand on sait que Ramirez est l’homme qui a introduit le Cedro, pourquoi ce choix, nous ne le saurons sans doute jamais. Donc, le manche est en épicea, bien sec, à la cave depuis 25 ans.

La tête, traditionnelle, montage avec chevilles, j’ai là encore changé le placage de tête d’origine en acajou, pour du bois de rose, il me fallait du relief, de la profondeur, de la chaleur, le tout en harmonie avec le chevalet, la touche et la protection de bras sur la caisse.

Les chevilles sont des chevilles d’Alto, modifiées au niveau de la tête, sur lesquelles une boule de laiton a été rajoutée et un insert en nacre a été posé, initialement j’avais fait des Dots en ivoire, mais cela était d’une tristesse à mourir.

  

Pour le montage de la table et du manche, rien de particulier si ce n’est que j’ai utilisé (et que je vais désormais continuer à utiliser) le montage des éclisses « Romanillos » avec des cales.

  

Mise à l’épaisseur des éclisses, pliage, ajustement, pose des éclisses (collées seulement au talon du manche et talon, pose des taquets individuels contre la table, rabotage des épaisseurs de caisse.

   

 

Le fond est en trois parties, en cyprès avec filet en ébène, collage mise en épaisseur pose du barrage, ajustement des barres sur la caisse, fermeture, collage.

 

  

 

Pose des filets classique, ébène avec un rappel vert sur la table.

 

  

Le vernis, initialement un vernis fine orange, mais je l’ai trouvé trop coloré, donc décapage, re encollage, et revernis, une gomme laque blanche de blanche. Montage des couches, séchage et enfin montage de la guitare.

   

  

Les cordes sont des Nylon blanche Savarez pour les basses des boyaux pour les aigues. Ce choix est fantastique, la guitare répond, le son est typique, les basses sont puissantes. La recommandation des cordes a été faite par «Le point d’accroche», un vrai pro de la corde. Et un service exceptionnel.

Voilà, que du bonheur, le poids final est sous les 900 grammes le manche est d’une douceur terrifiante.

Si vous souhaitez vous faire une petite Flamenca, n’hésitez plus, utilisez ce plan, à peine 70 heures de travail (sans le vernis et la rosace spéciale) Attention à la hauteur de touche, ne pas oublier que ce type de guitare nécessite une action très basse, et ne supporte pas un chevalet trop épais. Faire la chasse au surpoids, il faut soigner les finitions intérieures, et bien veiller à la finesse des éclisses, plus proche du violon que de la guitare.

 

 

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mise en ligne: 05/2013

 

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