Prototype de fixation du manche selon la méthode Hauser 

 

 par Michel Clavier

 

 

L’idée de Hauser est de découper le tenon et la mortaise dans une même pièce de bois de l’épaisseur du tenon. Environ 13mm La découpe se fait à 14° sur une scie à chantourner avec la table inclinée et après ajustage du tracé on peut coller deux bandes de placage 6/10è de chaque côté du tenon en vue d’un ajustage final.

Une pièce de bois collée contre la mortaise en constitue le fond. Cette pièce à laquelle on peut intégrer un talon constituera le massif d’ancrage du manche dans La caisse.

On peut sécuriser ce collage par 3 tourillons.

   

 

On ajuste l’angle du talon du manche avant de coller le tenon à la Titebond. On assure ce collage par deux tourillons de 6mm

Par sécurité, Hauser terminait l’assemblage par un boulon introduit par la rosace traversant la mortaise pour se visser dans un écrou noyé dans le manche. Cette précaution utile pour les guitares ne semble pas indispensable pour les petits diapasons qui peuvent se contenter des 2 tourillons et du collage.

 

 

 

 

Essai destructif

L’ébauche de manche est fixée sur un établi avec deux serre joints.

Une contrainte de 90kg est appliquée perpendiculairement au bout du manche. Il plie largement avant rupture de l’assemblage tenon mortaise.

 

  

 

 

Bilan

Le tenon collé avec deux tourillons est intact, le système est fiable sur ce point. La mortaise a explosé, mais ce n’est pas le collage mais le sapin lui même alors que j’étais assis sur le bout du manche qui m’a supporté quelques instants.

Le couple qui s’exerçait sur l’assemblage était important et nettement plus fort que celui imposé par des cordes métalliques qui tirent longitudinalement, ce qui fait travailler l’assemblage en compression et non pas uniquement en arrachement comme sur le test.

Ce test destructif confirme la viabilité du mode opératoire qui avec un bois plus résistant que le sapin ( acajou par exemple ) doit pouvoir encaisser les contraintes normales de ce genre d’assemblage.

Pour une guitare le boulon vissé dans un écrou noyé comme le faisait Hauser peut constituer une sécurité complémentaire. Pour une guitare on collera une chute d’éclisse entre le tenon et le talon du manche pour rattraper l’épaisseur de l’éclisse.

Mon test avait un tenon trop mince 10mm d’épaisseur, il faut au moins 13mm et les fraises pour queue d’aronde ont un angle de 14° c’est donc l’angle conseillé.

 

 

Alignement du manche

Il dépend totalement de la précision de l’assemblage l’ordre d’exécution des opérations est important. La procédure est plus complexe à décrire qu’à réaliser.

Le tenon est percé de trous de 6mm pour les tourillons avant découpe de la pièce tenon/mortaise sur la scie à chantourner.

On ajuste très précisément le tenon à la mortaise en ponçant les placages de 6/10è collés sur les chanfreins du tenon après avoir collé le fond de la mortaise.

Le massif de caisse doit être collé sur la table en alignement parfait pour éviter toute déviation latérale du manche.

Le talon du manche est réglé à l’angle souhaité pour l’instrument. Il est préférable de faire l’opération avant collage du fond pour pouvoir poser une presse.

Le collage du tenon peut se faire en deux temps.

Le tenon est introduit dans la mortaise de la caisse. dont les éclisses sont protégées par du ruban adhésif genre Scotch. Pour une guitare on a collé et ajusté sur le dos du tenon côté manche une chute d’éclisse permettant de rattraper leur épaisseur. Pour des instruments genre bouzouki ou mandoline cette opération est inutile. La guitare est posée table en bas sur la solera ou une planche de montage et une petite cale de l’épaisseur de la table maintient le tenon en place.

On présente le manche au bon calage et on vérifie l’alignement latéral et l’angle.

On met un très léger filet de colle sur le tenon et on assemble en place manche et caisse avec une presse. L’assemblage est en principe parfait, on ajuste à la demande.

Plusieurs essais «  à blanc «  ne sont pas inutiles.

Collage sec, on dégage le manche avec son nouveau tenon.

On perce le manche à travers les trous pour les tourillons, ce qui assure un centrage définitif du tenon.

On décolle le tenon du talon du manche, on encolle généreusement et on met sous presse après avoir repositionné le tout avec les tourillons encollés.

On arase les tourillons et l’assemblage manche caisse doit être impeccablement aligné.

Si on souhaite poser un boulon dans un écrou noyé il est préférable de percer le talon de la mortaise avant collage sur la table. Une fois l’ensemble sec ce perçage servira à centrer le boulon en perçant le tenon et le talon du manche mis en place dans la queue d’aronde.

 

http://www.azstarnet.com/public/commerce/zavaletas/greene/hauser.htm

 

 

Accueil

Luthiers amateurs:

A B C DE FGH IJK L MN OPQ RST UVW XYZ

Jean Weinfeld

Atelier

Fabrication

Pratique

Théorie

Plans

Restauration

Outillage

Bois

Livres 

Liens

FAQ

Lexique

Le guide

Quatuor

Bouzoukis

Banjos

Ukulélés

Dobros

Epinettes/Dulcimer

Luths/Ouds

Mandolines

Laps Steels

Anciens

Harpes/Lyres

Basses

 

©2000-2016 www.luthier-amateur.org