Tony Quedeville, luthier amateur en Haute-Normandie

 

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Pédabro

Voilà le projet le plus conséquent de ma petite experience de lutherie. Beaucoup de réflexion, de déception durant les essais, de découragement financier, mais aussi de plaisir et d'encouragement lorsque qu'un problème est résolu.

Et au final la vraie satisfaction d'avoir enfin réussi et d'être enfin arrivé au bout, aprés 2 ans de travail.

Avant tout, qu'est ce qu'un pédabro?

C'est la combinaison d'un pedalsteel et d'un Dobro. Un instrument créé par Paul Franklin dans les années 70-80 ( je sais pas trop).

Brevet              Video

Un instrument intéressant mais complexe, difficile à sonoriser. Jusqu'à présent il est impossible mettre un piezzo sur le cône en alu du Dobro sans risquer de récupérer dans l'ampli les bruits de mécaniques des leviers et toute la tringlerie d'un pedalsteel. Le pédabro de Franklin fonctionne avec un micro magnétique, donc qui ne restitue pas forcement le son caractéristique du cône. La plupart des enregistrements existant du pedobro sont fait en studio avec une prise de son acoustique. Un micro devant l'instrument mais quand viens le moment de jouer live, ça se complique.

   

Le but de mon projet était de remédier à ce problème.
- Pour ça j'ai donc commencé par mettre le changeur à l'opposé, coté tête de manche, le plus éloigné possible du cône, et donc du piezzo.
- Ensuite pour éliminer les bruits mécaniques rien de tel que d'éliminer la mécanique, autrement dit remplacer la tringlerie par des cables. (de plus j'avais déjà l'expérience des cables avec le CC: voir pedalsteel Charlie Christian). Le cable arrive directement sur le changeur donc plus de tringlerie.
- Enfin, le Dobro est posé de manière indépendante des genouillères (leviers) sur des caoutchoucs au rôle d'amortisseurs, afin d'éviter les transmissions vibratoires des éventuelles bruits mécaniques restants. Car tous les bruits ne pourront pas être complétement atténués malgré tout.

   

A partir de cette idée, le cahier des charges est donc posé.
Par la suite une autre idée à germé dans mon esprit: remplacer les cables par une transmission hydraulique. Aie !!! la belle idée impossible. Il faut trouver des verins de la taille d'un stylo (8mm entre chaque cordes), élaborer un système de connection hydraulique démontable qui ne fuit pas pour le transport et le rangement de l'engin. Et le tout pour un budget raisonnable. Bref même à 10 000€ j'arriverai pas à le faire. Idée abandonnée bien évidemment. Je reste donc sur mes cables de frein de vélo, beaucoup moins couteux.

    

Après ça d'autres réflexions viennent à l'esprit. Un pedabro n'est en aucun cas un substitut au pedalsteel. Il était donc pour moi logique d'ajouter un deuxième manche pedalsteel.
D'une pierre de coup, j'en profite pour imaginer mes genouillères sous ce manche de pedalsteel. Il devient donc aisé de poser le pédabro à coté, et donc de le séparer des bruits de genouillères.

Le choix du cône: Biscuit , Spider, Tricône ?
De manière évidente c'est le spider qui s'impose. Contrairement au Dobro, le pedabro est un instrument à tension de cordes variable, d'un coup de pédale la tension exercée sur le chevalet peut changer complétement, vous imaginez ce que ça pourrait donner sur un cône de type biscuit. le chevalet pourrait changer d'inclinaison. Ca ferait un instrument instable et faux à coup sûr. Le chevalet d'un spider est posé sur le croisillon (spider d'où son nom) sur 8 points d'appuis. Donc stable.

Le choix des micros:
N'ayant pas le savoir faire d'un vrai luthier de métier, je ne me risque pas à faire un instrument acoustique. Je me cantonne à faire un instrument électrique. J'opte donc pour une combinaison de piezzo qui restitue le son du cône et magnétique humbucker qui amène du coffre et des graves sous l'influence de la caisse pour le pedabro. Piezzo Fishman. Humbucker Bare Knuckle.
Pour le pedalsteel, 2 humbuckers pour un son proche d'une guitare. Bare Knuckle aussi.

Nombre de cordes:
Seule contrainte, éviter les nombres impairs de cordes pour le pédabro, car au milieu du chevalet passe le tournevis pour la vis de réglage du cône.

Cordier:
Seule contrainte également le cordier doit être au plus proche du chevalet pour limiter au maximum le frottement des cordes sur le sillet à chaque tension de changeur, ça génererait des bruits de grincement dans le piezzo.
Je prend en compte la même considération pour le pedalsteel. Car je n'exclus pas la possibilté de rajouter un piezzo de folk par la suite si le budget me le permet.

A partir de là, l'instrument devient suffisamment clair dans mon esprit pour passer à la réalisation.
Réalisation parsemée d'embuches. Un changeur prévu en aluminium et finalement en bois pour cause de manque d'équipement pour l'usinage. Changeur en bois qui casse, qui ne tiennent pas la tension des cordes.
Un budget calculé trop court, insuffisant et qui explose. Des loupés qui découragent. Des outils vieillissants. Une ponceuse qui grille qui rajoute à la dépense, puis une défonceuse. Des solutions aux imprévus qu'il faut trouver.

et enfin !!! l'aboutissement. La satisfaction. les derniers petits ajustements , les derniers petits réglages et les premières notes.

Piezzo seul.

 

Crawler seul

 

Crawler + Piezzo

 

Riff Raff seul Riff Raff + Mule Mule seul
détails des micros et potentiomètres (cliquez sur l'image) >

 

S'en suit un petit pincement au coeur. Qu'est ce que je vais faire maintenant ?

Photos de la fabrication:

    

     

    

    

     

     

    

    

 

mise en ligne: 04/2013

 

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